Bienveillance : et si on s’aimait davantage ?

 

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Credit illustration : Lajeunefille / Facebook / Tumblr / Instagram


Bienveillance
. Ce mot résonne en moi depuis quelques temps comme un mantra, une formule « magique ». Il me semble familier aujourd’hui, revient dans mes conversations, mes lectures… mais ça n’a pourtant pas toujours été le cas.

La première fois que j’ai fait attention à ce mot, que je me suis intéressée à tout ce qu’il contenait, c’était en lisant un livre sur la méditation, il y a deux ou trois ans. L’auteur conseillait d’être bienveillant envers soi-même au cours de sa pratique, de s’écouter et de ne pas se blâmer en cas de difficultés.

Bien-sûr je connaissais la notion de bienveillance. Mais en y réfléchissant un peu, j’avais constaté à l’époque que je n’étais pas très bienveillante envers moi-même. Je me critiquais très souvent, pointant du doigt ce que je considérais comme des erreurs et me blâmant pour ma bêtise, mon manque de ceci, mon trop de cela… J’imagine que fonctionner de la sorte avait pour but de m’améliorer, de progresser intérieurement. Bien entendu, ce comportement agressif envers moi-même avait tendance à produire l’effet totalement inverse. Je me sentais nulle, de plus en plus nulle à propos de certains aspects de ma vie et je perdais toute motivation pour changer les choses.

Se réprimander ainsi, se taper sur les doigts – d’autant plus quand on vit une situation douloureuse – est une forme de violence envers soi-même.

Cela semble aller de soi pourtant, et vous qui me lisez vous faites sûrement la réflexion : être gentil avec soi-même semble simplement relever du bon sens. Pourtant, à y regarder de plus près, je constate bien souvent que nous nous punissons, nous nous jugeons avec un regard injustement sévère : on s’en veut d’avoir des ennuis de santé et de ne pas être au top pour son entourage, on critique son physique de façon très rude, on se maudit de ne pas avoir dit la bonne chose au bon moment…

Il ne s’agit pas ici de remises en questions bénéfiques pour évoluer sur le plan personnel, non. Se réprimander ainsi, se taper sur les doigts – d’autant plus quand on vit une situation douloureuse – est une forme de violence envers soi-même. Forme de violence qui dévoile en transparence une grande souffrance intérieure…
Ferions-nous des remarques aussi dures à un ami qui vivrait cette situation ? Porterions-nous un regard si sombre sur tel ou tel défaut d’une personne proche ? Lorsque j’ai tendance à être trop dure envers moi-même, j’aime me poser ces questions et m’inviter à me traiter en amie. Être aimant envers soi. Bienveillant, selon la définition : « Qui montre de la bienveillance, qui se montre attentif au bien et au bonheur des autres ».

Je suis pourtant persuadée que l’on peut faire preuve d’exigence et d’ambition pour soi, pour sa vie, tout en étant bienveillant.

Si on y réfléchit un peu, cette rigidité envers nous-mêmes semble une réponse automatique à l’exigence de perfection qui rôde quotidiennement autour de nous. Être jeune, beau, performant, rayonnant de santé et bien dans sa peau. Tout le temps. Le bien-être – ou plutôt l’apparence du bien-être – semble présenté (dans les médias, la publicité…) comme une norme, une case de plus à cocher sur la liste des réussites à atteindre. C’est assez fou quand on y pense. Se mettre la pression pour aller bien…

Je suis pourtant persuadée que l’on peut faire preuve d’exigence et d’ambition pour soi, pour sa vie, tout en étant bienveillant. J’ai enseigné (en lycée et dans des cours particuliers) durant quelques temps et déjà je me faisais cette réflexion au sujet de mes élèves. Ils avaient besoin d’un cadre rassurant pour avancer. Des consignes, des repères, des contraintes même, mais jamais ils n’auraient réussi à apprendre sous la menace ou en se sentant rabaissés. Là aussi, ça peut sembler évident : être bienveillant avec les enfants les aide à progresser de façon plus efficace que si on leur crie dessus.
Alors peut-être pouvons-nous nous considérer comme notre propre élève, qui essaye, qui avance à tâtons toute sa vie, qui commet des erreurs mais tout en faisant de son mieux. Et si on essayait de s’accorder une chance ?

On peut vite tomber dans une véritable course au healthy

Cette « pression pour aller bien », je la rencontre chez moi de temps en temps bien-sûr. C’est assez facile de tomber dans cette attitude lorsque l’on est plongé régulièrement dans l’univers du « bien-être ». Je m’explique : à force de lire des articles ou des livres au sujet du bien-être, des mode de vie plus sains et éthiques, de voir des blogueuses ou des personnalités qui semblent avoir une hygiène de vie parfaitement saine… on peut vite tomber dans une véritable course au healthy, ce cercle vicieux dont je parlais juste avant. J’ai parfois l’impression de voir se transformer sous mes yeux les conseils en injonctions, et de me sentir nulle en comparaison aux personnes qui semblent avoir réussi à trouver un équilibre parfait dans leur vie.

Or, il n’y a pas d’équilibre parfait et unique : chacun peut répartir les poids sur la balance comme il le sent, en fonction de ses limites, de ses exigences… Développer son bien-être, mener une vie saine, se (re)construire, demande sans aucun doute d’être ouvert à des pistes de réflexion différentes, mais j’ai bien l’impression que seul fonctionne le sur-mesure.
Apprendre à se connaître, à s’aimer, à avancer en essayant de désamorcer nos conflits intérieurs. Mais surtout, surtout : prendre soin de soi. Juste parce qu’on le mérite, vraiment. Ne pas s’imposer des normes qui sont absurdes pour nous parce que ça semble joli chez les autres. Au fond, je crois qu’aucun choix de vie ou changement amorcé ne peut être bien vécu s’il n’est pas fait avec l’intime conviction que ce pas en avant (ou de côté) nous fait du bien, est bon pour nous.

Alors comment faire pour devenir son propre soutien bienveillant ? Comment progresser et s’éloigner de nos réflexes toxiques, parfois ancrés en nous depuis l’enfance ?

Personnellement, j’ai développé une petite routine qui m’aide à ne pas oublier la bienveillance envers moi-même. La première étape consiste à essayer de noter chaque moment où je suis trop dure avec moi-même, où j’ai envie de m’engueuler intérieurement. Je prends note mentalement, simplement. Mais attention : je ne me dispute pas de m’être disputée ! Je note que cette situation a eu lieu, j’essaye de prendre un peu de recul et je me dis une petite phrase bienveillante.
La seconde étape pourrait être d’apprendre à se féliciter lorsque l’on accomplit un objectif, lorsque l’on a fait preuve de courage, de générosité, de gentillesse… J’essaye de noter dans mon bullet journal les choses positives qui ont apporté un petit plus dans ma journée et, parfois, il s’agit de gestes simples que j’ai accomplis. J’ai par exemple réussi à bien me concentrer durant ma séance de yoga, ou alors j’ai écrit régulièrement pendant la semaine… Des petites victoires, des petites choses, qui mises bout à bout, viennent renforcer ma confiance en moi et me font me dire qu’une force sereine (parfois insoupçonnée) existe en moi.

Et le voile qui m’empêchait de voir et d’apprécier les aspects positifs d’une situation se lève doucement…

Récemment, cette routine a été mise à rude épreuve car j’ai décidé de quitter mon CDI pour me lancer dans une autre voie professionnelle. Depuis plus d’un mois je me pose mille questions, j’ai parfois des moments de découragement, où je me dis que je n’arriverai pas à m’épanouir professionnellement ou que je manque de rigueur… Mais finalement, je parviens à désamorcer ces situations en gardant dans un coin de mon esprit le mot « bienveillance ». Je note, je continue de noter chaque fois où je me dévalorise, chaque pensée qui me murmure « tu n’es pas assez bien ». Et le voile qui m’empêchait de voir et d’apprécier les aspects positifs d’une situation se lève doucement…

Bien-sûr appliquer ces conseils est largement facilité parce que j’ai la chance d’être globalement entourée de personnes elles-mêmes bienveillantes, qui me soutiennent et ne manquent pas de me féliciter quand j’accomplis quelque chose : nos relations personnelles et notre environnement nous nourrissent mais peuvent également nous empoisonner. Évoluer dans un milieu positif et encourageant n’est pas toujours aisé mais c’est essentiel.

La bonne nouvelle, c’est que pratiquer la bienveillance envers soi au quotidien ne coûte rien que l’envie d’essayer, et que chaque moment vécu comme un échec est une nouvelle occasion de progresser. Autre bonne nouvelle : à mesure que l’on devient plus bienveillant avec soi, je suis convaincue qu’on l’est également de plus en plus avec les autres. C’est peut-être là le socle d’un cercle vertueux, d’un environnement où la bienveillance que l’on fait grandir en nous rejaillit sur les autres. Et inversement.

Bonus de fin d’article

(si vous êtes arrivé-e jusque là, bravo !)
Je me suis amusée à faire une petite fiche à compléter qui, je l’espère, vous aidera à pratiquer la bienveillance en y ajoutant un côté ludique ! Vous pouvez l’imprimer au format A4 (elle est disponible en deux jolies couleurs), la recopier ou tout simplement vous en inspirer pour écrire dans votre journal…

Télécharger le petit exercice quotidien de bienveillance (bleu)
Télécharger le petit exercice quotidien de bienveillance (corail)

N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, quel est votre rapport à la bienveillance et si ce type d’exercice vous aide ! En tout cas, prenez bien soin de vous.

A bientôt sur le blog ☼

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