Cosmétique (plus) éthique #1

Pour commencer cette nouvelle année, j’ai eu envie de faire le point sur un sujet qui me tient à coeur : la cosmétique plus naturelle et plus éthique. Dans cet article, je propose de faire le point sur ce qui me semble important lorsque l’on met un produit dans son panier (et sur sa peau). Pour les personnes très renseignées, ce petit « guide » sonnera sans doute comme une succession d’évidences… mais j’espère qu’il permettra à celles et ceux qui se posent des questions, qui commencent à analyser un peu ce qui se passe dans leur salle de bain, d’avancer dans leur démarche.

De la prise de conscience à une routine plus durable

Que l’on y accorde peu ou beaucoup d’importance, nous utilisons au quotidien des produits cosmétiques. Dès les premiers mois de la vie, notre peau est en contact avec des produits : pour se laver, s’occuper du visage et du corps et plus tard, parfois, pour se maquiller.
Jusqu’à il y a deux ou trois ans, je dois avouer que je consommais beaucoup (trop) de cosmétiques. Et sans forcément me poser de questions concernant la provenance, la composition ou même… les possibles effets sur ma santé des crèmes ou du maquillage que j’achetais.

Et puis, j’ai progressivement transformé ma façon de voir le monde, j’ai commencé à me renseigner sur les modes de productions de tout ce que je trouvais à portée de main dans les supermarchés et les magasins. Et j’ai eu envie de changer, au moins un peu, ma façon de consommer. J’ai tout à coup pris conscience – même si cela me paraît aller de soi aujourd’hui, je l’ai vécu comme une révélation à l’époque ! – que mes choix en tant que « consommateur » avaient un impact plus ou moins direct sur des humains, des animaux et la bonne santé de notre chère planète.

Les lapins ne portent pas de rouge à lèvres

Le premier pas vers un nouveau mode de consommation a été de devenir végétarienne puis végane. Plus question de soutenir l’industrie de la viande, meurtrière et polluante. En m’intéressant aux alternatives plus éthiques pour m’alimenter, j’ai découvert qu’il était possible de moins et de mieux consommer (et sans forcément dépenser plus d’argent, bien au contraire !).

En devenant végane, j’ai forcément dit au revoir à de nombreuses marques auxquelles j’étais fidèle depuis plusieurs années : elles utilisaient non seulement des composants issus de l’exploitation animale mais – horreur – testaient leurs produits sur les animaux. Je ne m’attarderai pas trop ici sur la législation concernant les tests sur les animaux car ce sujet mériterait vraiment un article à part entière.
Mais pour résumer : bien que les tests sur les animaux soient aujourd’hui (et ce, depuis 2013) interdits par la réglementation européenne, certaines marques (et pas qu’un peu) continuent de pratiquer ces cruels et inutiles tests. Comment et pourquoi ? Cette règle comporte quelques exceptions (notamment pour les composants qui sont également utilisés également en dehors de la cosmétique). Pour mieux comprendre tout ça, je vous invite à lire cet article très complet et clair : Cosmétiques : la vérité sur les tests animaux.

Heureusement, de nombreuses marques (et parfois de très connues) refusent de tester sur les animaux et sont cruelty free. Pour les identifier, ou vérifier si votre marque favorite n’est « pas très sympa » avec les lapins (euphémisme, bonjour), le moyen le plus sûr est d’utiliser le moteur de recherche du site Peta ! Vous pouvez aussi repérer le symbole cruelty free sur les cosmétiques que vous achetez et qui sont labellisés.

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Image tirée du blog : crueltyfreekitty.com

C’est donc la première étape pour moi lorsque je m’intéresse à une marque : je m’assure qu’elle respecte ce critère éthique et qu’elle laisse les animaux tranquilles. 

J’ai découvert, parfois avec étonnement, que bien plus de marques que je ne le pensais étaient cruelty free. Cependant, et c’est là que ça se complique, une marque peut très bien être clean du côté des tests pour les animaux, sans pour autant avoir une composition naturelle ou des méthodes de production éthiques… Autant de critères supplémentaires qui sont importants à mes yeux.

Du poison dans nos flacons ?

cpe1Il y a quelques années, j’ai commencé à voir apparaître l’expression slow cosmétique sur Internet. Le principe de la slow cosmétique ? Promouvoir une cosmétique plus durable, plus naturelle et plus simple. En regardant d’un peu plus près de quoi il s’agissait, je me suis intéressée à ce que contenaient mes tubes de crèmes ou mes rouges à lèvres… et à leur nombre dans ma salle de bain.

Le premier constat n’était pas très positif : j’avais énormément de produits, qui plus est contenaient des composants pas très bons, voire carrément nocifs, pour ma santé. Composants chimiques également très polluants à produire, souvent issus de la pétrochimie. En résumé, des produits mauvais pour la planète, qui peuvent provoquer irritations, allergies, et souvent reconnus comme étant des perturbateurs endocriniens ou des agents cancérigènes…
Je me suis également rendue compte que j’avais souvent les mêmes produits en double, que je n’avais parfois presque jamais utilisé certains et que quelques unes de mes habitudes (comme le démaquillage) produisaient beaucoup de déchets.
Pour bien enfoncer le clou, je n’avais pas spécialement l’impression d’avoir une meilleure qualité de peau en fonctionnant de la sorte. J’avais même plutôt constaté que certains de mes produits aggravaient sur le long terme certains de mes problèmes. Ce qui me faisait acheter de nouveaux « produits miracles »… un vrai cercle vicieux.

J’ai donc commencé par faire le tri dans mon placard et j’ai donné  tous les cosmétiques neufs (ou presque) que je n’utilisais pas ou que j’avais en double. L’idée n’était pas de gaspiller en jetant tout à la poubelle, mais plutôt de faire plaisir autour de moi en offrant ce qui ne me servirait pas. Une fois ma salle de bain désencombrée des produits inutiles, j’ai remplacé petit à petit ce qui me semblait essentiel par des cosmétiques véganes, cruelty free et les plus naturels possibles. J’ai changé ma routine de soins en la simplifiant et en changeant parfois radicalement mes habitudes. Je suis par exemple passée au démaquillage à l’huile végétale, ce qui m’a permis de ne plus jeter de cotons tous les jours. Je me suis également de plus en plus tournée vers les produits sans emballages et réutilisables (dentifrice solide, lingettes lavables…) et  aujourd’hui, la réduction des déchets dans ma salle de bain va bon train. Je sais que je peux encore améliorer tout ça, mais mine de rien, changer des habitudes enracinées dans un quotidien depuis des années, ça prend un peu de temps… !

Il m’a aussi fallu apprendre à repérer les marques qui faisaient du green washing : de plus en plus d’entreprises tentent de se donner une image éco-responsable à grand renfort de publicités, d’emballages et de noms trompeurs, sans pour autant changer leurs méthodes de production ou la composition de ce qu’elles vendent… Comme si la prise de conscience de l’urgence écologique était une simple mode.

La clé pour y voir plus clair : jeter un œil attentif à la liste INCI des ingrédients (INCI = International Nomenclature Cosmetics Ingrédients ou nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques). Cette liste doit figurer obligatoirement et indique par ordre décroissant les ingrédients de la composition. En gros, les premiers ingrédients de la liste sont ceux que vous trouverez en plus grande quantité, ceux tout en fin de liste ne sont présents qu’en toute petite quantité.
On repère rapidement les produits à bannir de sa salle de bain lorsqu’on sait quels ingrédients sont très bof pour la santé et la planète. Il existe, comme pour identifier les marques cruelty free, ce moteur de recherche très pratique sur le site La vérité sur les cosmétiques.

On peut aussi prendre le réflexe de faire une petite recherche sur Internet pour voir l’avis d’internautes plus renseignés. Personnellement, c’est en lisant des blogueuses sensibles à la slow cosmétique que j’ai réussi à m’aiguiller au départ. J’y ai trouvé beaucoup d’astuces et de conseils, j’y ai même fait de chouettes découvertes.

Et le bio dans tout ça ?

Longtemps, j’associais automatiquement « bio » à « naturel », mais c’est un peu plus compliqué que ça. La plupart des cosmétiques labellisés bio proposent des formules plus ou moins naturelles et évitent ainsi de nombreux composants nocifs pour la santé et l’environnement. Mais ce n’est pas le cas à tous les coups. Un cosmétique bio contient simplement des ingrédients issus de l’agriculture biologique. Les exigences liées à cette production vont également varier selon les différents labels.
Du côté des cosmétiques naturels, on attend en principe que ceux-ci ne contiennent pas d’ingrédients chimiques nocifs. Mais les cosmétiques « naturels » ne sont pas nécessairement soumis à une réglementation et on n’y appose pas de label. De fait, on peut trouver des cosmétiques dits naturels qui sont en fait bourrés de produits de synthèse. On en revient au fameux green washing !
En résumé, on peut a plus de chance de tomber sur des produits de bonne qualité s’ils sont labellisés bio ou présentés comme naturels, mais il faut rester vigilant-e… Encore une fois, la seule solution est de faire attention à la liste des ingrédients et de se renseigner sur les marques avant d’investir.

Enfin, on peut choisir de se tourner vers des ingrédients « purs » comme les huiles végétales (de première pression à froid), les hydrolats, les huiles essentielles… On peut même se lancer dans la fabrication de cosmétiques maison pour contrôler tous les ingrédients et adapter au mieux sa routine aux besoins de sa peau, de ses cheveux, etc.

Toutes ces nouvelles habitudes semblent peut-être compliquées à adopter, mais en réalité, en y allant progressivement et en achetant de façon moins compulsive, je trouve que le quotidien y gagne en simplicité et en qualité. Depuis que j’essaye d’acheter moins et mieux, j’ai découvert des produits sains et très efficaces, je dépense moins, et je passe moins de temps dans les rayons cosmétiques et dans ma salle de bain. Du temps et de l’argent que l’on peut réinvestir pour prendre soin de soi… autrement que face au miroir.

J’espère que cet article vous aura apporté quelques informations utiles ! Et vous, quelles sont vos astuces et bonnes résolutions pour adopter une routine de soins plus éthique ?

 

 

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