Indignation sélective

C’est une réaction à chaud, comme ça.

Parce que j’y ai pensé quand les (horribles) images de l’abattoir d’Alès ont fait le tour des réseaux sociaux. Et ça recommence aujourd’hui avec les images (toujours aussi horribles) de l’abattoir du Gard « certifié bio ».

Oui, c’est révoltant, insoutenable, dégueulasse, presque indicible de monstruosité.

Oui, vous vous retrouvez face à la souffrance et à l’agonie d’animaux. Ça remue quelque chose en vous, ça vous choque, ça vous révolte et vous maudissez les monstres inhumains qui font subir cela à des êtres sans défense.

Vous avez raison, oui. C’est inacceptable : de quel droit inflige-t-on cela à des êtres sensibles innocents ?

Mais j’ai un scoop : c’est comme ça que ça se passe. Partout, tout le temps. Dans tous les abattoirs, bio ou pas. ABATTOIR. Pas câlinoir, pas caressoir. Vous pensiez quoi ? Qu’il était possible de tuer gentiment ? De découper sans faire du mal ? De saigner proprement ?

Non.
Je reprends ici la très juste formule de l’association L214 : « Il n’y a pas d’abattage heureux ». 

Et quand bien même : si on endormait d’une douce piqûre les animaux pour ensuite les transformer en hachis, en steak, en morceaux, en « viande »… Est-ce que ce serait plus juste ? plus humain ? Est-ce que ce serait ne pas faire preuve de cruauté ?
Est-ce qu’on dira un jour « cette personne a commis un meurtre mais en faisant attention à ne pas trop faire souffrir sa victime, alors ça va. Il est sympa quand même. » ?

Comment penser qu’il est possible de faire naître et grandir des êtres sensibles dans des conditions épouvantables, de les asservir pour leur prendre leur chair, leur fourrure, leur lait, leurs œufs, leurs petits… avec pour seule issue la mort, tout cela de façon juste ?

Il n’y a pas de demi-mesure quand il s’agit de prendre la vie d’un être sensible, qui ressent la peur, la douleur, qui est conscient de lui-même et en connexion avec le monde et les autres êtres autour de lui.
Surtout quand la mort vient répondre à un plaisir fugace et futile, celui de consommer des animaux. Quand la mort sert à engraisser les tyrans d’une industrie de l’horreur.

Alors, lorsque je vois les gens s’indigner face à ces images, ou face à d’autres, lorsqu’ils voient des chats ou des chiens maltraités, des lions ou des éléphants chassés… Je suis partagée. Encore heureux que ces réalités touchent ceux qui les perçoivent. Encore heureux que toute cette violence ne surgisse pas dans l’indifférence collective.
Mais je ris jaune, en sachant que ceux qui s’indigent dans des commentaires facebook, traitant de monstres le personnel des abattoirs, iront tranquillement déguster un steak à la pause déjeuner. 

Ce que vous avez dans votre assiette n’est pas un consommable, n’est pas « de la viande », n’est pas un met, un plat : c’est un cadavre. Un morceau de cadavre.
C’était un animal. Il  est né, il a grandi, il a ressenti la peur, le froid, la souffrance, la fatigue, la douleur. Il a senti sa mort approcher et a vu ses semblables massacrés devant lui. Il a hurlé, il a agonisé lentement, il est parti sur le coup. On ne sait pas. On s’en fout. Il a juste été créé pour être abattu froidement, transformé, consommé.

Pourtant il y avait quelque chose au fond de son regard. Il ne méritait pas ça.

Alors si vous avez vu ces images, que vous les trouvez révoltantes et insupportables : je vous demande, non pas de réagir, mais d’AGIR. Vous pouvez agir et faire changer les choses. Renseignez-vous, informez-vous, retirez les œillères que l’industrie de la mort a pris soin de vous mettre sur les yeux. Boycottez-la.

 

PS : le post original de L214 

« On me demande parfois : Pourquoi dépensez-vous autant de votre temps et d’argent à parler de la bonté des animaux quand il y a tant de cruauté faite aux hommes ? Je réponds : Je travaille à ses racines. »
George T. Angell (1823-1909)
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