Comme une nouvelle chance

► The Radio Dept. – Strange things will happen

L’heure est aux bilans de fin d’année, aux résolutions, aux vœux pour 2016 faits avec l’espoir qu’ils seront moins malmenés qu’en 2015. 

Je lis un peu partout que cette année aura été globalement monstrueuse. Et je dois bien avouer qu’elle m’a semblée à moi aussi, à bien des moments, violente et cruelle. Tout à l’heure, une nuit nous fera basculer en 2016 et, même si ce rite de passage tient du symbolique… je dois avouer que je me sens soulagée de tirer un trait sur le chiffre 15.

Soulagée parce que, cette année, ma vie a été complètement bouleversée et que j’ai affronté des choses que je ne pensais pas devoir affronter si jeune. Parce que ma trajectoire semblait au fil des mois irrémédiablement frôler de près ou de loin la mort, la perte.

Cette année, j’ai perdu ma mère. Vendredi 9 octobre 2015, quelque chose s’est brisé, comme un éclat de verre tranchant la ligne ronde de mes certitudes. Il y a des êtres qui ne semblent pas pouvoir, ne pas avoir le droit, de disparaître… Et pourtant.

Cette année, j’ai vu la plupart de mes proches souffrir et se débattre, tomber malade, vaciller, s’écrouler. J’ai reçu en plein cœur leurs vagues de désespoir, leurs fissures et leurs peurs lourdes comme des pierres,  sans vraiment savoir comment remédier à leur peine.

Cette année, j’ai eu de plus en plus le sentiment que la vie arrachait des choses dans mon cœur et y laissait du vide et des « pourquoi » en échos.

Cette année il y a eu les attentas et l’horrible conscience que la douleur du deuil, que je découvrais alors, s’emparait également de tant d’autres, familles, amis, amours…
Ces jours de peurs, de colère, d’incompréhension. Ces jours abritant parfois la bêtise la plus crasse, donnant l’impression d’un monde rongé par l’ignorance. Et lorsque l’on s’est mis à regarder autour de nous, un peu plus loin que d’habitude, ce qui était à voir n’était pas plus beau.

Alors oui, cette année, je me suis inquiétée pour celles et ceux que j’aime, pour le monde et j’ai eu le vertige en pensant à demain.

Pourtant, traversée par ces aiguilles quotidiennes, j’ai rencontré un Amour puissant, parfois aux endroits les plus inattendus de ma vie. J’ai réussi, certains matins, à être envahie de poésie et de lumière. A respirer : inspirer du bon et expirer la douleur.

Parce que, cette année, j’ai aimé, été aimée. J’ai découvert la superbe et fragile sensibilité de certains proches et, par dessus tout, partout où j’ai vu la souffrance, j’ai aussi vu de l’Amour, de la solidarité et de la bienveillance. Même un tout petit peu. Et c’était suffisant pour désarmer mes peurs.

J’ai partagé des moments incroyables avec mon groupe, fait de la musique comme si c’était une nécessité. J’ai osé prendre mes proches dans mes bras et leur signifier mon inconditionnel Amour. J’ai pris des décisions importantes pour ma vie, mené des projets auxquels je croyais. J’ai réussi à avancer, malgré tout.

Alors, pour tous les moments à venir, dans lesquels nous nous jetterons à minuit, je ne souhaite que de continuer à croire que la bienveillance et l’Amour ne sont pas vains. Croire que la compassion, le respect de tous les êtres sensibles et leur égalité, sont les conditions sine qua non d’un monde heureux. Poursuivre les petits combats du quotidien et soutenir les causes qui me semblent justes. Croire, rêver, essayer.

Je vous souhaite de vous aimer, de croire en vous. De ne pas baisser les bras et de lancer les dés de l’existence avec le cœur.

Belle nouvelle année, comme une nouvelle chance.

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